Quand le CM de chez LDLC est en vacances…

… les souris dansent. Ou, au moins, le CM qui le remplace.

LDLC, le site de vente de matériel informatique bien connu, a une page facebook depuis un certain temps. Le contenu de cette page a toujours été correct, malgré quelques essais de féminisme assez condescendants (lancement d’une team LDLC féminine d’e-sport).

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Mais, fin juillet 2013, un changement de ton assez étonnant se fait sentir dans les publications. Tout commence avec la publication du « gouvernement français des geeks », suivi bien entendu du « gouvernement français des geekettes ». Rien à voir donc avec LDLC en soi, on commence à se poser des questions. S’ensuivent des myriades de commentaires plus ou moins appréciateurs des « geekettes » citées.

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Et, début août, les publications continuent, avec en guest-star,  la vidéo humoristique très contestable de gonzaguetv sur l’utilisation (possible) des google glass en entretien d’embauche (d’une jolie jeune femme évidemment).

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La vidéo en question (disponible ici :  L’entretien d’embauche – Google glass) montre un RH plus préoccupé par les réactions de ses collègues quand au décolleté de la candidate que par ses compétences professionnelles.  Encore une fois, aucun lien avec LDLC.

Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin? La page facebook de LDLC publie dès le lendemain la photo de Lady Gaga posant nue sur une fauteuil construit avec des composants électroniques, qui ne viennent pas de chez LDLC. Mais pourquoi donc faire la promotion gratuite de Lady Gaga sur cette page, alors ? Mmh ?

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D’après le CM aux commandes à ce moment là, il n’est bien sûr question que du « fauteuil de rêve ».  La question leur est posée sur twitter. La réponse est sans équivoque :

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Dans la discussion qui s’ensuit, le CM LDLC est prit à parti par de nombreuses personnes questionnant ce choix de publication.

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A nouveau, la réponse est à la hauteur des attentes du public visé.

Depuis cet écart saisonnier, les publications sont revenus à la normale sur la page facebook LDLC. Nous ne pouvons que souhaiter que le CM à l’initiative durant l’été 2013 aura eu à supporter les conséquences de ce sexisme, et que les hordes de fans ayant montré leur soutien à ce types de blagues ne sont qu’une minorité dans le milieu de l’informatique…

How to be a « Woman Programmer »

Article du New York Times (en anglais).

Une programmeuse raconte ses années d’expérience dans l’industrie. Harcèlement sexuel, discrimination à l’embauche, isolation…

Morceaux choisis :

« J’ai subi un client – un homme en sueur avec des oreilles qui pendaient – qui caressait mon dos pendant que je réparais son système. Je m’attendais à ce qu’il dégrafe mon soutien-gorge d’un instant à l’autre. »

« J’ai eu un chef qui m’a dit platement : « Je déteste embaucher toutes ces femmes mais vous êtes juste trop intelligente. » Par « toutes », il voulait dire trois, mais à l’époque, c’était rare de ne trouver ne serait-ce qu’une femme dans une bonne position technique. Pendant une réunion, il n’arrêtait pas de m’interrompre pour dire « Waouh, vous avez vraiment de beaux cheveux. » »

« Pendant les 20 années qui ont suivi, je me suis rendue compte qu’être une femme m’écartait de la société des programmeurs. (…) C’était comme si un virus s’était spécialisé dans l’extermination des femelles. Je regardais autour de moi et je me demandais « Où sont toutes les autres femmes ? ». Nous nous retrouvions presque seules, marginales dans une culture qui était parfois gamine et puérile, parfois rigoureusement hiérarchique, à l’occasion amicale et accueillante. Pendant ce temps, cette étrange maladie laissait les survivantes avec une étrange aura qui les rendaient trop visibles, examinées de trop près, tenues à de plus hautes exigences. Elle plaçait sur leurs épaules le terrible fardeau de ne pas être seulement compétentes, mais les meilleures. »

« La question qui se pose : comment réagir à cette énorme discrimination envers les femmes ? La loi et l’activisme sont certainement cruciaux. Mais il y a toujours ce moment qui vous revient dans la figure, quand vous êtes seule face à la discrimination anti-femmes : les blagues, les regards obscènes, le mépris, l’invisibilité, le fait inévitable que dès que vous passez la porte, vous êtes vue comme inférieure, peu importe vos qualifications. »